L’expérimentation PARLER

Le dispositif « Parler, Apprendre, Réfléchir, Lire Ensemble pour Réussir » (P.A.R.L.E.R.) a été conçu par une équipe de recherche de l’université Pierre-Mendès-France de Grenoble. Ce programme a été testé entre 2005 et 2008 sur la durée du cycle des apprentissages fondamentaux dans des écoles de cette agglomération situées en zone d’éducation prioritaire. Sur les classes auxquelles le protocole avait été appliqué, le niveau atteint était estimé, en fin d’expérience, nettement supérieur à celui du groupe témoin et supérieur à la moyenne nationale d’appropriation des codes d’expression. La DGESCO lança une expérimentation de plus grande ampleur en 2010/2011 dans 44 classes de l’éducation prioritaire de l’académie de Lyon, expérimentation étendue en 2011/2012 sous l’appellation « projet Lecture » par l’association « Agir pour l’école » à 59 classes dans toute la France et poursuivie en 2012/2013. Doté d’un budget global proche de 2 M€, quasiintégralement financé par l’association, le projet a été évalué par une équipe externe composée de la DEPP, de l’institut de recherche sur l’éducation (IREDU) de l’université de Bourgogne et du laboratoire d’étude des mécanismes cognitifs (EMC) de l’université Lyon II. Dans une note d’étape de mars 2013, les évaluateurs concluaient que les « effets du dispositif expérimental sont positifs et statistiquement significatifs…+ 17 % en reconnaissance des lettres, + 22 % en habiletés phonologiques et + 41 % en lecture par voie non lexicale…en phonologie (et) en compréhension l’effet est significatif pour les élèves les plus faibles ». Saisie en septembre 2012, l’IGEN avait remis au ministre, sans disposer des éléments précédents, des conclusions d’une tonalité très dubitative et critiques sur la procédure « Les élèves ne peuvent être réduits à un statut de « cobayes » sur lesquels on exerce une action pour en voir les effets ». Ainsi, deux avis contradictoires furent produits par deux services du MEN utilisant des méthodologies différentes. Depuis aucune position d’ensemble n’a été clairement et explicitement dégagée. L’absence d’une instance chargée de l’évaluation, non impliquée dans des choix opérationnels mais chargée de valider des résultats et proposer leur synthèse, peut expliquer cet état de fait.

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