Management collaboratif

Quand on parle de management du futur, ce sont surtout les innovations portant sur les systèmes d’information qu’on met en avant. La question du collaboratif arrive en toute fin. Alors que c’est, selon toute probabilité, justement là que réside la plus impressionnante étape du management. L’arrivée d’internet et du travail en réseau a modifié les comportements, et le monde de l’entreprise ne semble pas avoir pris acte de cette révolution, trop attachée qu’elle est à son mode de fonctionnement pyramidal. Le congrès auquel j’ai assisté jeudi dernier à Bordeaux témoigne cependant d’un changement dans les consciences (trop lent, mais les consciences sont en général plus lentes à évoluer que les techniques). En effet, lors de ce congré, un des participants, qui partageait visiblement mon point de vue sur la question, nous a montré quelques choix de management uniques et prometteurs. Si vous vous intéressez un tant soit peu au management, je ne doute pas que ces exemples vous intéresseront. A Leroy Merlin, par exemple, la stratégie du groupe est depuis des anénes concertée par les salariés eux-mêmes, lors de nombreux meetings incorporés dans une démarche globale. Au début du projet déjà, l’ensemble des employés a contribué à dessiner la stratégie de l’entreprise (l’une des mieux notées de France en matière de qualité de vie au travail, soit dit en passant) : chaque collaborateur se sent donc pleinement engagé dans la réussite de ce projet. Et le fait que les collaborateurs du groupe aient des parts de leur entreprise concourt peut-être aussi au fait que chacun se sente concerné par les résultats… Autre initiative frappante : afin de se relever d’une situation financière inquiétante en 2007, chez Poult, les salariés ont décidé de se décharger de certaines missions support (gestion du temps, gestion des stocks…), de se les distribuer (en plus de leurs missions habituelles) de manière à se concentrer sur la confection de nouveaux produits. Le reporting a ainsi été réduit et chaque employé s’est retrouvé libre d’approfondir de nouvelles idées et d’en faire part en toute liberté, sans les traditionnelles limitations hiérarchiques. Aux Etats-Unis, enfin, la firme 3M pratique encore le règle des 80/20. Cette procédure a été initiée dans les années 30, sous l’impulsion de son PDG de l’époque, William McKnight, qui pensait qu’il fallait donner de la liberté à ses employés. C’est la raison pour laquelle il a instauré une procédure visant à permettre aux employés qui le veulent de consacrer 1/5 de leur temps à travailler sur des projets de leurs choix (en dehors des projets courants, plus cadrés). L’initiative peut sembler une perte de temps, mais elle a donné naissance à des produits tels que le fameux post-it : il a été réalisé par 2 chimistes salariés en 74, et depuis, 3M vend plus de 600 produits de type post-it. La meilleure preuve de l’intérêt que représente ce mode de fonctionnement réside dans le fait que d’autres groupes l’ont adopté, tels que Google ou Atlassian, par exemple. J’ai été heureux de constater qu’en matière d’innovation dans le domaine, la France n’était pas en reste. Ce congrès à Bordeaux (allez sur le site de l’organisateur du séminaire à Bordeaux pour tous les détails) m’a également révélé que le management évoluera encore beaucoup dans les années qui viennent, et bien plus vite qu’on ne le pense. Celles qui ne prennent pas acte du changement à l’oeuvre se retrouveront certainement sur le carreau.

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La nouvelle histoire de la mort de Ben Laden

La Maison-Blanche a catégoriquement rejeté lundi les affirmations “sans fondement” du journaliste américain Seymour Hersh selon lequel l’administration a menti sur les conditions dans lesquelles Oussama Ben Laden a été tué en mai 2011 au Pakistan. “Il y a trop d’inexactitudes et d’affirmations sans fondement dans cet article pour y répondre point par point”, a affirmé Ned Price, porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC). Dans un article publié par la London Review of Books, Seymour Hersh affirme en particulier que l’administration américaine a collaboré avec les services du renseignement pakistanais pour mener à bien ce raid des forces spéciales américaines contre la résidence où se cachait le chef d’Al-Qaïda à Abbottabad, près d’Islamabad. La Maison-Blanche a toujours affirmé qu’Islamabad n’avait été informé qu’après-coup. “C’est faux, tout comme de nombreux autres éléments du récit de l’administration Obama”, lance Seymour Hersh au début de son article qui s’appuie, dit-il, principalement sur une source, un haut-responsable du renseignement américain à la retraite. Réaffirmant que ce raid fut “une opération américaine de bout en bout”, Ned Price souligne que “seul un tout petit cercle” de responsables américains étaient informés et que le président Barack Obama avait décidé, dès le début, de pas informer d’autres gouvernements, y compris le gouvernement pakistanais. Seymour Hersh s’est distingué par le passé pour ses révélations sur le massacre de My Lai pendant la guerre du Vietnam ou encore le scandale de la prison d’Abou Ghraïb en Irak, mais les controverses qui ont entouré plusieurs de ses articles récents ont terni son image aux Etats-Unis.

Les bouffons socialistes à l’assaut des régionales

Le président PS sortant de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, a donné son accord à un “rassemblement des socialistes derrière Claude Bartolone” comme tête de liste aux élections régionales de décembre, selon un communiqué des deux hommes publié lundi soir. “Les conditions du rassemblement des socialistes derrière Claude Bartolone sont aujourd’hui réunies. Tous deux, candidat des socialistes et président de région, travaillerons ensemble à un rassemblement plus large encore, permettant la victoire de la gauche en décembre prochain”, affirment-ils dans ce communiqué commun, publié après une rencontre d’environ une heure des deux responsables au siège du Conseil régional. Cette rencontre entrait dans le cadre des discussions entamées après l’annonce de candidature, mercredi, du président de l’Assemblée nationale pour concourir au scrutin de décembre en Ile-de-France. “Les Francilien-ne-s ont besoin d’une Région à gauche pour qu’elle continue de réduire les inégalités sociales et territoriales”, affirment-ils aussi dans ce texte, intitulé simplement “Communiqué de Claude Bartolone et Jean-Paul Huchon”. Aucun détail en revanche sur ces “conditions (…) aujourd’hui réunies” pour parvenir à ce ralliement, lequel intervient après celui jeudi de Marie-Pierre de la Gontrie, autre prétendante à l’investiture qui devait affronter Jean-Paul Huchon lors d’une primaire devant les militants PS le 28 mai. Une compensation est-elle en négociation? “La question du dispositif n’est pas réglée”, avait simplement répondu avant la rencontre l’entourage de Jean-Paul Huchon. Le patron de la région Ile-de-France devait aussi rencontrer François Hollande “dans les prochains jours”, avait indiqué la même source plus tôt dans la journée. “Je suis le patron d’une région de 12 millions d’habitants et j’ai gagné trois fois la région. On ne me traite pas comme une serpillière”, avait affirmé Jean-Paul Huchon au quotidien Le Monde, selon des propos rapportés lundi. De son côté, Valérie Pécresse, candidate UMP pour les élections régionales en Ile-de-France, a affirmé lundi que Jean-Paul Huchon et Claude Bartolone, c’est “bonnet blanc et blanc bonnet”. “Ils ont changé de candidat mais ils ne changeront pas le bilan”, a lancé la députée lors d’un meeting de Nicolas Sarkozy aux Pavillons-sous-Bois en Seine-Saint-Denis.